11 juin

A la levée du Soleil, nous decouvrimes les isles Chinoises de Verdades, Poulo Babbi, Itha de Meru, et plusieurs autres, l'on ne put ce midi prendre hautteur, etants directement sous le soleil, d'ailleurs l'on etoit assé assurés de notre routte par le doublement des dits isles, nous souffrons des grandes chaleurs, elles doivent durer meme assez longtemps, puisque le soleil courrant encore vers le tropique de cancer et que nous approchons la Ville de Canton, la quelle est situé au 23 degres 20 min: latitude septentrionale et que le soleil ne vient au dit Tropique qu'au 21 du present, ainsi nous scavons par avance que les chaleurs ne nous quitteront pas si tot, car le soleil retournant du dit Tropique, vient encore repasser en peu des jours, ainsi qu'en 3 semaines, nous aurons vues le soleil perpendiculairement au dessus des nous, vers le soir, nous vimes 2 barques chinoises (:nommés champans:) ce furent des pescheurs, aussitot le capitaine fit courrir vers eux, pour les prendre pour pilottes pour nous guider vers Macao, prennant cette precaution pour plus de sureté, 3 de dits chinoises vinrent au bord, et le vent etant assez bon, la Champane s'achattat au bord du vaisseau, ce qui nous donnat le plaisir des voire les premiers chinois, et chinoises, ils de mirent d'abord a soupper a leur maniere, premierement ils mirent une natte sur la dessus de leur parque sur la quelle, etants a 5 ils se placerent a la Turque, sans chaises ni coussins, la femme leur fournit du ris nouvellement cuit, et un petit pot, ou il y avoit du poisson couppé en petittes pieces, chacqu'un se servit du ris, qui etoit dans une mandelette, avec une grande ceuilliere de bois, et le mirent dans leur jattes de porcelaine (:chaqu'un a la sienne:) ils se servent au lieu de fourchette de 2 petits battons de la longeur d'un quart d'aulne, prennent adroittement la jatte a la bouche, et jettent le ris entre leur dents presque la bouche plaine, quand la jatte est vuide ils boivent du thée versé dans leur jatte, et reprennent du ris si souvent que la faim le requiert, ou bon leur semble, ils sont fort propres dans leur barques, et maniere de manger, a la brune nous passames l'isle de Montana, pendant la nuitte la Capitaine ne se fiant pas assés sur ces pillottes chinois fit mouiller l'ancre